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22.04.2008

tristes tropiques ?

 

Au soleil coupant,  des oliviers crament au-dessus des corps nus. On va nu-pieds, trace des diagonales avalant le sable, la piste des dromadaires sent la pisse, des chevaux compulsifs bandent, assommés, s’abrutissant à leur arbre ;souvent, la corde a scié leurs membres, zèbres de fortune, vaincus, chassant les mouches d’un crin sans panache. A l’heure de boire ils cheminent  en procession romaine jusqu’à l’eau rouillée, croupie au soleil puis reviennent sur leurs pas, immobiles vaincus par la sécheresse , tête basse, oreillards aux yeux ourlés de mouches tandis que les cous ondoyants redessinent leur cheminement d’yeux trop cillés : deux jeunes dromadaires collés mâchonnent distraitement leur parasol. A leur nez percé des mailles de fer se perdent dans le sable de la piste,

A la nuit les chaînes emmêlées se délient qui vont qui viennent et les seaux heurtés du sabot, renâclements et soupirs d’esclaves debout.

Demain recommence, au soleil levant les dromadaires déplient leurs segments de volatiles, regardent la dune, puis, d’un pas de géant amorti défilent un sempiternel paysage, voyageurs immobiles berçant la ligne d’horizon.

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